J’ai pris la pilule de mes 15 à mes 22 ans.

À 15 ans, mon intention était assez simple : je commençais à explorer ma sexualité et je ne voulais pas tomber enceinte. J’aimais aussi l’idée de savoir quand mes règles allaient arriver et de pouvoir davantage contrôler leur venue.

À cette époque, je pensais qu’une femme pouvait tomber enceinte à n’importe quel moment de son cycle. Je ne connaissais ni ma fenêtre de fertilité, ni les signes qui l’accompagnent et, finalement, je savais très peu de choses sur le fonctionnement de mon propre cycle menstruel.

À 22 ans, je suis partie seule voyager en Nouvelle-Zélande. Mon compagnon de l’époque restant en France, j’ai décidé d’arrêter la pilule puisque je ne ressentais plus le besoin de la prendre.

Je ne savais pas encore que cette décision allait progressivement ouvrir une porte vers un territoire que j’avais jusque-là très peu exploré : mon propre corps.

À mon retour, deux ans plus tard, je savais que je ne souhaitais pas reprendre de contraception hormonale. C’est à cette période que j’ai commencé à lire, à me former et à explorer plus profondément le cycle menstruel. J’ai progressivement appris à reconnaître certains de ses changements et à observer autrement les manifestations de mon corps.

La symptothermie, elle, est arrivée bien plus tard dans mon parcours. Ce n’est qu’en commençant ma formation professionnelle que j’ai appris à inscrire ces observations dans une méthode structurée, avec des règles précises permettant d’identifier les périodes fertiles et infertiles du cycle.

Avec le recul, je ne pense pas qu’à 15 ans j’aurais eu envie d’apprendre la symptothermie. Ce n’était probablement pas ce dont j’avais besoin à ce moment-là.

Mais à 22 ans, lorsque j’ai arrêté la pilule, j’aurais profondément aimé que quelqu’un m’explique comment mon cycle fonctionnait.

J’aurais aimé connaître les signes que mon corps produisait naturellement au fil du cycle, comprendre ce qu’était réellement ma fertilité et découvrir que je pouvais apprendre à l’observer.

C’est aussi pour cette raison que j’écris cet article aujourd’hui. Non pas pour vous expliquer pourquoi vous devriez arrêter la pilule, mais pour vous donner les premiers repères que j’aurais aimé recevoir lorsque j’ai fait ce choix.

Car si vous envisagez d’arrêter une contraception hormonale et que vous vous intéressez à la symptothermie, une question arrive probablement assez vite : par où commencer ?

Peut-on commencer la symptothermie après l’arrêt de la pilule ?

Oui, il est possible de commencer à observer son cycle après l’arrêt de la pilule. Il n’est pas nécessaire d’attendre plusieurs mois ou d’avoir des cycles parfaitement réguliers pour commencer à porter attention aux signes de votre corps.

Il faut cependant distinguer deux choses : commencer à observer son cycle et être autonome dans l’utilisation contraceptive d’une méthode symptothermique.

Après l’arrêt d’une contraception hormonale, les premiers cycles peuvent présenter des caractéristiques différentes pendant quelque temps : leur durée peut varier et certains signes observés au cours du cycle peuvent évoluer. [1]

Votre corps traverse une période au cours de laquelle son fonctionnement cyclique n’est plus modulé de la même manière par la contraception hormonale.

Et cette période peut justement devenir une occasion de commencer à le découvrir.

Après la pilule, quand revient la fertilité ?

C’est un point essentiel si vous arrêtez la pilule tout en souhaitant éviter une grossesse : il ne faut pas attendre le retour de vos premières règles pour considérer qu’une grossesse est possible.

L’ovulation précède les menstruations. Une première ovulation peut donc avoir lieu avant le retour des premières règles.

Les données disponibles ne montrent pas de perte durable de fertilité après l’arrêt d’une contraception orale. Une période transitoire peut être observée chez certaines femmes au cours des premiers mois, mais les recherches disponibles indiquent globalement un retour de la fertilité après l’arrêt des contraceptions réversibles. [2]

Si vous ne souhaitez pas concevoir, il est donc important d’anticiper votre stratégie contraceptive dès l’arrêt de la pilule, y compris pendant votre apprentissage de la symptothermie.

Faut-il attendre d’avoir des cycles réguliers ?

Non, et c’est justement l’une des grandes différences entre la symptothermie et une approche basée sur le calendrier.

La symptothermie ne cherche pas simplement à prédire votre prochaine ovulation à partir de la durée moyenne de vos cycles précédents. Elle repose sur l’observation des signes biologiques du cycle présent, puis sur leur interprétation selon les règles précises de la méthode enseignée.

En symptothermie, vous apprenez notamment à observer votre température basale, l’évolution des sécrétions cervicales et les sensations associées, puis à reporter ces informations sur un cyclogramme. Ces signes sont ensuite interprétés ensemble selon des règles précises.

Si ces notions sont encore nouvelles pour vous, je vous explique leur fonctionnement plus en détail dans mon article « Qu’est-ce que la symptothermie ? Comprendre cette méthode d’observation du cycle ».

Vos cycles n’ont donc pas besoin d’être parfaitement prévisibles pour commencer à les observer. En revanche, lorsque l’objectif est contraceptif, on ne suppose pas à l’avance que l’on est infertile : on apprend à déterminer son statut en suivant les règles de la méthode.

« Et si je me trompe et que je tombe enceinte ? »

Je crois que c’est l’une des questions les plus importantes à accueillir lorsque l’on envisage de devenir davantage actrice de sa contraception.

Pendant longtemps, j’ai moi-même pensé que je pouvais tomber enceinte à n’importe quel moment de mon cycle. Lorsque l’on a grandi sans véritable éducation à la fertilité, découvrir comment celle-ci fonctionne peut déjà bouleverser beaucoup de représentations.

La confiance ne consiste pas à croire aveuglément que notre corps nous dira quoi faire. Elle se construit grâce à la connaissance de celui-ci.

Apprendre quels signes observer, savoir comment les observer, comprendre les règles permettant de les interpréter et savoir quel comportement adopter lorsque l’on se trouve dans une période potentiellement fertile : tout cela fait partie de l’apprentissage.

C’est d’ailleurs une distinction importante dans mon propre parcours. Pendant plusieurs années, j’avais acquis une bonne connaissance de mon cycle et je savais reconnaître de nombreux changements dans mon corps. Mais je ne pratiquais pas pour autant une méthode symptothermique structurée.

Ma formation professionnelle m’a permis d’aller plus loin et d’apprendre à inscrire ces observations dans un cadre précis, avec des règles nécessaires à leur interprétation.

Et si vous êtes en couple, cet apprentissage peut aussi ouvrir une conversation intéressante autour de la responsabilité contraceptive. Même si les observations sont réalisées par la femme, les décisions prises pendant la période fertile peuvent, elles, devenir une responsabilité partagée.

Observer son cycle, ce n’est pas chercher à le contrôler

Lorsque j’ai commencé à découvrir mon cycle après l’arrêt de la pilule, quelque chose a profondément changé dans la relation que j’entretenais avec mon corps.

Pendant des années, je n’avais finalement pas eu besoin de comprendre ma fertilité. Progressivement, j’ai découvert qu’il existait des signes à observer, des rythmes à reconnaître et tout un fonctionnement physiologique auquel je n’avais jamais réellement eu accès.

Cette connaissance m’a redonné une forme de souveraineté. Non pas celle de pouvoir contrôler parfaitement mon corps, mais celle de mieux comprendre ce qui s’y passe et de pouvoir faire des choix à partir de cette compréhension.

Aujourd’hui encore, c’est probablement ce que je trouve le plus précieux dans cet apprentissage.

La symptothermie est une méthode concrète d’observation de la fertilité. Mais pour certaines femmes, elle peut aussi devenir une porte d’entrée vers une relation différente au cycle : davantage de curiosité, de compréhension et, progressivement, de confiance.

Alors, par où commencer ?

Si vous envisagez d’arrêter la pilule et souhaitez découvrir la symptothermie, vous n’avez pas besoin de tout comprendre immédiatement.

Commencez par choisir une méthode symptothermique structurée plutôt que de mélanger différentes règles trouvées dans des livres, applications ou contenus en ligne. Apprenez ensuite les observations demandées par cette méthode et commencez à les reporter selon son protocole.

Si votre objectif est contraceptif, prévoyez également une stratégie contraceptive claire pendant votre apprentissage et chaque fois que les règles de votre méthode considèrent que vous êtes potentiellement fertile.

Et donnez-vous le droit d’apprendre.

Après l’arrêt de ma pilule, j’aurais aimé que quelqu’un m’aide à comprendre ce que j’observais plutôt que de me laisser seule face à un corps que je connaissais finalement très peu.

C’est aussi la raison pour laquelle j’ai choisi aujourd’hui d’accompagner les femmes dans cet apprentissage : vous transmettre des connaissances et des repères fiables, répondre à vos questions et vous accompagner progressivement vers l’autonomie.

Vous souhaitez apprendre à observer votre cycle après l’arrêt de la pilule ?

Si vous envisagez d’arrêter une contraception hormonale ou si vous l’avez déjà fait et souhaitez apprendre à observer votre fertilité avec une méthode structurée, je propose des accompagnements individuels et en couple à l’apprentissage de la symptothermie.

L’objectif est que vous puissiez progressivement acquérir les connaissances, les repères et la confiance nécessaires pour devenir autonome.

Vous avez encore des questions ou souhaitez savoir si cet accompagnement correspond à votre situation ?

FAQ – Questions fréquentes

Peut-on commencer la symptothermie immédiatement après l’arrêt de la pilule ?

Il est possible de commencer à observer son cycle après l’arrêt de la pilule en suivant le protocole de la méthode choisie. En revanche, commencer à observer ne signifie pas être immédiatement autonome pour utiliser la méthode dans un objectif contraceptif. L’apprentissage des règles est essentiel.

Dois-je attendre le retour de mes règles pour me considérer fertile ?

Non, une ovulation peut avoir lieu avant les premières menstruations suivant l’arrêt de la pilule. Si vous souhaitez éviter une grossesse, une stratégie contraceptive doit donc être envisagée dès l’arrêt.

Puis-je utiliser la symptothermie si mes cycles sont irréguliers ?

La symptothermie ne repose pas uniquement sur la durée moyenne des cycles précédents : elle observe les signes du cycle en cours. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir des cycles parfaitement réguliers pour apprendre la méthode. Certaines situations peuvent toutefois demander davantage d’attention et d’accompagnement.

Est-il préférable d’être accompagnée après l’arrêt de la pilule ?

Il est possible de découvrir la symptothermie grâce à différentes ressources. Lorsqu’elle est utilisée dans un objectif contraceptif, être accompagnée peut néanmoins permettre de vérifier ses observations, comprendre les règles applicables à sa situation et poser ses questions pendant la période d’apprentissage.

[1] Nassaralla CL et al. Characteristics of the Menstrual Cycle After Discontinuation of Oral Contraceptives. Journal of Women’s Health, 2011.
[2] Girum T, Wasie A. Return of fertility after discontinuation of contraception: a systematic review and meta-analysis. Contraception and Reproductive Medicine, 2018.